Les cloches d’alarme retentissent pour la renaissance de l’EI en Syrie: une menace pour l’Irak et l’Asie de l’Ouest

Conseil Stratégique en Ligne – Opinion : De nombreux documents et preuves indiquent que l'EI, qui, ces dernières années, a été la plus grande menace pour la sécurité et la stabilité de la région après le régime sioniste, est redevenu ces derniers mois un point focal d'exploitation politique et sécuritaire par les cercles de sécurité, de renseignement et politiques américains, ainsi que par le régime sioniste.

Barsam Mohammadi – Expert en affaires régionales
La négligence de la soi-disant Coalition internationale dirigée par les États-Unis à détruire complètement l’EI à un moment donné, ainsi que l’accent mis sur la confrontation avec le gouvernement de Bachar al-Assad en Syrie, démontrent « l’exploitation stratégique » des terroristes takfiristes pour « affaiblir les gouvernements opposés » et « créer un consensus pour une présence militaire permanente dans la région ». Cette approche représente un « modèle répétitif » d’instrumentalisation du terrorisme pour faire avancer des objectifs géopolitiques, actuellement poursuivi.
Les événements récents en Syrie, dont l’Amérique et le régime israélien sont les « organisateurs principaux », ont, une fois de plus, fait retentir les « cloches d’alarme » pour la renaissance de l’EI en Syrie, en Irak et dans leurs zones environnantes.
Les récents développements dans le nord-est de la Syrie, qui ont coïncidé avec un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement central de Damas, ainsi que l’évasion de centaines d’éléments de l’EI des prisons sous contrôle des FDS, ont déclenché de sérieuses alarmes quant à la renaissance potentielle des réseaux terroristes de l’EI.
Ces développements sécuritaires se produisent alors que les statistiques indiquent la présence de dizaines de milliers de détenus terroristes dans les centres de détention de ces zones, dont au moins 12 000 sont des éléments affiliés à l’EI. Cette situation a créé une menace multidimensionnelle pour la sécurité et la stabilité de la Syrie, de l’Irak et de toute la région de l’Asie de l’Ouest.
Al Jazeera a effectué une visite le 20 janvier de la prison d’où les membres les plus dangereux de l’EI se sont échappés. Une partie du rapport d’Al Jazeera indique qu’un grand nombre d’éléments de l’EI se sont enfuis de cette prison. Par ailleurs, le site web kurde « Rudaw » a rapporté, citant les Forces démocratiques syriennes (FDS), qu’environ 1 500 membres les plus dangereux de l’EI, détenus dans la « prison d’al-Shaddadi » à al-Hasakah, s’étaient échappés. La diffusion de cette nouvelle seule suffit à mettre non seulement les villes environnantes d’al-Hasakah, mais aussi toute la Syrie et même les pays voisins en état d’urgence.
L’affaire de la prison d’al-Shaddadi et le sort des prisonniers de l’EI sont devenus l’un des points de contentieux les plus sensibles entre Damas et les FDS, à un moment où les conflits sur le terrain et les différends politiques entre les deux parties augmentent, accentuant les préoccupations régionales et internationales quant à la renaissance de la menace de l’EI.
En conséquence, il est essentiel de prêter attention aux points suivants :
Un : Les récents développements politico-militaires dans le nord de la Syrie, en particulier les affrontements entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS), ainsi que le retrait des FDS de zones clés telles que Raqqa et Deir ez-Zor, ont ouvert la voie la plus directe à la renaissance de l’EI. Cette instabilité a gravement affaibli le contrôle des prisons détenant des milliers de membres de l’EI (y compris la prison d’al-Shaddadi) et conduit à leur évasion massive. L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a explicitement averti que la poursuite de ces conflits risque d’effondrer la sécurité des prisons et de « réactiver les cellules terroristes ».
Deux : L’évasion d’un nombre important d’éléments dangereux de l’EI constitue une « menace à plusieurs couches » pour la stabilité de la Syrie et de l’Irak. En Syrie, ces individus rejoignent directement les réseaux clandestins actifs de l’EI, qui, selon les rapports de l’ONU, comptent actuellement entre 1 500 et 3 000 combattants dans les déserts du pays, capables de mener des opérations complexes. Ces évadés représentent un « danger immédiat » pour l’Irak. Les autorités irakiennes, anticipant un tel événement, ont renforcé leurs frontières avec la Syrie en y déployant des tranchées, des murs en béton, des caméras thermiques et en préparant les troupes, déclarant que toute approche de ces barrières sera réprimée par des tirs directs. Cependant, le risque d’infiltration et d’attaques de sabotage dans les villes des deux pays a considérablement augmenté.
Trois : La communauté internationale est sur le point de commettre une « erreur stratégique». Se concentrer sur d’autres crises régionales, dont certaines sont fabriquées, ne devrait pas se faire au prix de « négliger » la menace persistante de l’EI. Les preuves existantes et certains rapports de sécurité dans la région montrent clairement que l’EI n’est pas seulement détruit, mais qu’il est en train d’être reconstruit, réorganisé, qu’il exploite des armes restantes et radicalise une nouvelle génération dans des camps comme celui d’al-Hol, géré en coulisses par le gouvernement américain, qui n’est lié par aucune contrainte éthique, légale ou politique et a recours à tous les moyens pour atteindre ses intérêts. Ignorer ces avertissements en « facilitant le processus de renaissance de l’EI », l’un des programmes complexes et cachés du régime sioniste et des États-Unis, confrontera une fois de plus la région et le monde à une vague de terrorisme et d’instabilité.
Quatre : La gestion de cette menace commune dépend de la compréhension des dimensions cachées de la renaissance de l’EI, des mains derrière celle-ci, des intérêts des « parties prenantes » internationales et régionales qui en bénéficient, et de la coopération immédiate et concrète de tous les acteurs régionaux et internationaux. L’expérience a prouvé qu’un combat efficace contre l’EI n’est possible que lorsque les différences politiques sont mises de côté.
Les pays de la région et du monde doivent se tourner vers des engagements au-delà des positions déclarées et mettre en œuvre des mesures et des mécanismes « pratiques » pour traiter ce qui se passe à l’ordre du jour. Les engagements doivent se traduire par une « action pratique et dissuasive », en échange de renseignements de sécurité, en coordination des opérations frontalières et en pression internationale pour mettre fin à la situation désastreuse des prisons et des camps.


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