Sina Raymand – Analyste en relations internationales
Récemment, les États-Unis, sous la direction de Donald Trump, ont signé des accords commerciaux bilatéraux avec quatre pays d’Asie du Sud-Est (la Malaisie, le Cambodge, la Thaïlande et le Vietnam) afin de déplacer les chaînes d’approvisionnement hors de Chine. En réponse, la Chine a signé le protocole d’actualisation de l’accord de libre-échange avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) vers la version 3.0, mettant l’accent sur le commerce numérique, l’économie verte, les transports et les chaînes d’approvisionnement.
Cet accord vise un marché de 2 milliards de personnes avec un PIB de 3,8 billions de dollars et renforce le commerce bilatéral, qui a atteint 1 billion de dollars l’année dernière. Ces démarches ont transformé l’Asie du Sud-Est en principal théâtre de la compétition pour la domination du commerce mondial. Dans cette analyse, nous examinons les mécanismes de cette compétition et présentons les scénarios probables.
Stratégies concurrentielles : Tarifs contre intégrité
Stratégie des États-Unis : Protectionnisme et “Friendshoring”
Trump, en relançant la guerre commerciale, a imposé de lourds tarifs douaniers (jusqu’à 145 % sur les produits chinois) afin de rapatrier la production vers les États-Unis et leurs alliés. Les récents accords avec l’ASEAN couvrent 68 % des 475 milliards de dollars d’échanges bilatéraux et portent sur les minéraux critiques, l’agriculture et l’investissement.
Cette approche fait partie du “Friendshoring”, qui déplace les chaînes d’approvisionnement vers le Vietnam, l’Inde et le Mexique. Selon les estimations, ces tarifs généreront 2,9 billions de dollars de recettes d’ici 2034 mais réduiront la croissance du PIB américain de 0,23 %. Des initiatives comme l’IPEF (Cadre économique indo-pacifique) visent également à contrer le RCEP (Partenariat économique régional global) de la Chine.
Stratégie de la Chine : Ouverture et influence régionale
La Chine, en modernisant le CAFTA 3.0 (Accord de libre-échange Chine–ASEAN, version 3.0), se positionne comme une alternative commerciale. Cet accord supprime les barrières non tarifaires et met l’accent sur l’économie verte et numérique – des domaines où le commerce bilatéral a augmenté de 9,6 % au cours des neuf premiers mois de 2025, atteignant 785 milliards de dollars. L’initiative “Belt and Road” (BRI), avec d’importants investissements dans les infrastructures de l’ASEAN, fait de la Chine un leader des chaînes d’approvisionnement mondiales. Des sources chinoises telles que China.org.cn qualifient cela de “coopération gagnant-gagnant” plutôt que d’“unilatéralisme américain”. La Chine a également accru son levier d’influence en restreignant les exportations de terres rares.
Le rôle de l’ASEAN : Équilibrage intelligent des relations
L’ASEAN, avec un PIB collectif de 3,8 billions de dollars, est la clé de la victoire pour l’un ou l’autre camp dans cette compétition. Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a souligné “la centralité de l’ASEAN” — hier avec Trump, aujourd’hui avec la Chine. Cependant, les Philippines, évoquant la situation de confrontation avec la Chine en mer de Chine méridionale, ont averti que la coopération ne devait pas impliquer de “contrainte”. Le Vietnam et la Thaïlande profitent du déplacement des chaînes d’approvisionnement, mais les tarifs de Trump exercent également une pression sur l’ASEAN. Selon un rapport de Bloomberg, la région, sous condition de diversification des partenaires, pourrait tirer profit de cette compétition.
Conséquences mondiales : Restructuration des chaînes d’approvisionnement et affaiblissement de l’OMC
Il faut considérer que cette compétition polarise le commerce mondial. Les chaînes d’approvisionnement se déplacent de la Chine vers l’ASEAN, comme en témoigne une augmentation de 30 % des investissements directs étrangers au Vietnam. Cependant, les coûts ont augmenté, avec une inflation mondiale de 1 à 2 % et une croissance économique inférieure de 0,5 %. Parallèlement, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est affaiblie, tandis que les blocs régionaux (RCEP contre CPTPP) sont devenus des pôles dominants. La Chine occupe déjà la première position, avec une part de 14 % du commerce mondial, contre 11 % pour les États-Unis.
Scénarios futurs : De l’escalade de la guerre commerciale au compromis limité
Scénario 1 : Escalade de la guerre commerciale (probabilité de 40 %) : Si la réunion Trump–Xi au sommet de l’APEC en Corée du Sud (jeudi) échoue, les tarifs pourraient atteindre 200 %. La Chine répondrait par des contre-sanctions et la BRI. L’ASEAN serait le principal perdant, subissant une croissance inférieure de 1 % et une inflation de 3 %. Les chaînes d’approvisionnement deviendraient complètement polarisées, avec “Chine +1” contre “Amérique + amis”.
Scénario 2 : Compromis limité (probabilité de 35 %) : Le Wall Street Journal rapporte que les États-Unis pourraient réduire les tarifs en échange d’un contrôle sur le fentanyl et les achats de soja. Bloomberg prévoit que cette détente limiterait l’impact des tarifs, avec une croissance économique américaine de +0,5 % et celle de la Chine de +1 %. Dans ce cas, l’ASEAN sortirait gagnante, avec une croissance du commerce de +10 %.
Scénario 3 : Victoire de la stratégie d’équilibrage intelligent avec l’ASEAN (probabilité de 20 %) : L’ASEAN, en tirant parti de sa centralité, équilibre les deux parties. Le RCEP et la nouvelle version du CAFTA garantissent une croissance économique régionale de 7 %. Trump concurrence pour les minéraux, Xi pour les marchés.
Scénario 4 : Découplage complet (probabilité de 5 %) : Dans ce cas, deux économies parallèles se formeraient, entraînant une perte de 5 % du PIB mondial d’ici 2030.
Conclusion : Un monde multipolaire émergent
La compétition Chine–États-Unis a transformé le commerce, autrefois domaine du libéralisme, en enjeu stratégique. La Chine est en avance en matière d’ouverture et d’influence, mais Trump pourrait inverser cette tendance en s’appuyant sur les tarifs. L’ASEAN est la clé de cette compétition, et un équilibrage intelligent des relations constitue le scénario optimal. Les dirigeants mondiaux devraient privilégier la coopération verte et numérique plutôt qu’un jeu à somme nulle. La réunion de l’APEC sera un tournant, et les marchés mondiaux attendent ce développement.
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