Exploitation commerciale de la paix ; le Comité de Gaza face à la légitimité internationale

Strategic Council Online – Rapport : Alors que la deuxième phase de la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza a commencé, la création du « Conseil de la Paix », présidé par Donald Trump en marge de la réunion de Davos (22 janvier 2026), est devenue plus qu’un mécanisme technique de reconstruction et s’est transformée en un test pour l’avenir de l’ordre international. Malgré la signature de la charte par 22 des 60 pays invités, la présence limitée des dirigeants mondiaux lors de la cérémonie de Davos et la non-acceptation de cet organe par l’Union européenne et des pays occidentaux clés indiquent une profonde division dans les perceptions mondiales quant à la légitimité de ce mécanisme. Dans ce rapport, en s’appuyant sur l’analyse de Hadi Borhani, expert des affaires régionales, et sur des données internationales, trois questions stratégiques sont abordées : le Conseil de la Paix est-il un instrument de mise en œuvre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU ou un substitut aux Nations unies ? Comment l’architecture hiérarchique de ce comité intensifie-t-elle les défis exécutifs à Gaza ? Et enfin, cet organe peut-il créer une paix durable sans la coopération des Palestiniens et avec la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul individu ?

Architecture du pouvoir : de l’« adhésion payante » à la présidence à vie

Hadi Borhani, dans un entretien accordé au site du Strategic Council on Foreign Relations, a indiqué que jusqu’à présent, 22 pays ont accepté l’invitation à rejoindre ce comité et ont signé sa charte, rappelant que Trump avait invité environ 60 pays à y adhérer.

Selon des rapports publiés, tout pays souhaitant obtenir une adhésion permanente à ce comité doit verser un milliard de dollars ; à défaut, le renouvellement de sa présence triennale au sein du comité sera conditionné à la décision de Trump.

Cette structure financière a transformé le Conseil de la Paix en un « club à entrée payante », dans lequel la légitimité est déterminée sur la base de la capacité financière plutôt que du consensus international. Des analyses juridiques de l’Union européenne montrent que la charte du comité concentre des pouvoirs exclusifs entre les mains du président du comité. Trump est le seul individu dont le nom est mentionné dans la charte et qui a le droit d’inviter des pays, de fixer l’ordre du jour, de créer ou dissoudre des organes subsidiaires et même de désigner son propre successeur. Cette conception, selon Hugh Lovatt, expert au Conseil européen des relations internationales, a transformé le comité d’une institution multilatérale en « un projet descendant visant à consolider le contrôle de Trump sur les affaires mondiales ».

Fossé de légitimité : une charte qui a oublié Gaza

Borhani a déclaré à propos de ce comité : Il n’est pas clair comment les décisions de ce comité présidé par Trump, censé superviser l’administration de Gaza, seront prises, mais il est clair que l’institution ou l’organe exécutif chargé de l’administration de Gaza opère sous la supervision du Conseil de la Paix.

Ici, une contradiction fondamentale apparaît : alors que la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a « accueilli favorablement » la création du comité, était explicitement axée sur Gaza, la charte du Conseil de la Paix ne fait aucune référence à Gaza et se présente comme un organe permanent de gestion de toutes les crises mondiales. Cette déconnexion a intensifié les inquiétudes quant au fait que le comité devienne « un substitut aux Nations unies » — comme Trump lui-même l’a affirmé. Mary Robinson, ancienne présidente de « The Elders », a décrit cette divergence comme une « illusion de pouvoir », puisque nous avons affaire à une organisation dont la charte ne mentionne même pas le nom de la région qu’elle est censée administrer.

La structure exécutive du comité approfondit encore ce fossé de légitimité. Le Comité exécutif de Gaza, composé de 11 membres nommés par Trump, ne comprend aucun représentant palestinien, tandis que le régime israélien y détient un siège.

Selon Borhani, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), censé diriger les affaires quotidiennes, a été formé sous la présidence d’Ali Shaath ; toutefois, le régime israélien s’oppose à cette nomination et rejette également la présence du Qatar et de la Türkiye dans l’administration de Gaza — alors que les États-Unis l’ont acceptée. Cette confrontation montre que le Conseil de la Paix non seulement échoue à résoudre les défis politiques de Gaza, mais les institutionnalise plutôt dans une nouvelle couche de rivalités régionales.

Gaza : le premier test pour une nouvelle institution

Borhani a souligné : Bien que les conditions à Gaza soient relativement calmes et qu’il soit peu probable que des événements imprévus modifient ces conditions, les questions politiques concernant la manière dont Gaza devrait être administrée resteront le principal défi. Chacune des parties impliquées dans la question de Gaza tente de poursuivre les conditions souhaitées en attirant le soutien de Trump.

Faisant référence au fait que le plan de cessez-le-feu, à la suite des crimes sans précédent du régime israélien contre Gaza et du massacre massif de civils, a finalement été mis en œuvre après de nombreux allers-retours, il a déclaré : Dans la première phase de la mise en œuvre de ce plan, d’une part, le régime israélien a cherché à influencer ce processus afin de mener à bien les objectifs criminels qu’il poursuivait contre le peuple de Gaza et de la Palestine.

Il a ajouté : Le régime israélien cherchait à éliminer complètement le Hamas et à expulser le peuple de Gaza de la région. N’eût été l’opposition internationale et celle des pays voisins du régime israélien, notamment l’Égypte et la Jordanie, ce régime aurait été enclin à mettre en œuvre son plan.

Borhani a poursuivi : D’autre part, certains pays régionaux, dont la Türkiye, l’Égypte, le Qatar, le Pakistan et l’Arabie saoudite, compte tenu de leurs bonnes relations avec les États-Unis et Trump personnellement, ont cherché à être influents dans le processus de cessez-le-feu et le plan de paix pour Gaza.

Cette analyse est conforme au rapport de Ramiz Alakbarov, Représentant spécial de l’ONU, qui a averti le 28 janvier 2026 que la réouverture du point de passage de Rafah — à laquelle Trump et le Comité national pour l’administration de Gaza s’étaient engagés — n’a pas encore été pleinement mise en œuvre et s’est limitée uniquement au passage des marchandises. Alors que la récupération du corps du dernier otage israélien était la condition préalable d’Israël à l’ouverture du point de passage, cet engagement n’a pas été honoré. Cet échec à mettre en œuvre les engagements de la première phase soulève une question stratégique : si le Conseil de la Paix ne peut pas honorer des engagements simples tels que l’ouverture du point de passage, comment peut-il gérer la deuxième phase — la création d’une force internationale de stabilisation ?

Trois acteurs, trois visions : un choc d’intérêts à l’ombre du Conseil de la Paix

Borhani a identifié le régime israélien, les pays arabes et islamiques, et les États-Unis comme les trois principaux acteurs du processus de mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza, déclarant : Ces trois acteurs ont joué un rôle important dans la mise en œuvre de la première phase du plan de paix, à savoir le cessez-le-feu à Gaza, et dans la deuxième phase, la question du désarmement du Hamas et de l’administration de Gaza sera abordée.

Il a poursuivi : Les États-Unis et les pays islamiques insistent pour que la deuxième phase du plan de paix pour Gaza commence plus tôt et ont explicitement déclaré que le point de passage de Rafah devait être ouvert. Récemment, le régime israélien a accepté d’ouvrir le point de passage de Rafah de manière limitée, ce qui inclut toutefois uniquement le passage de marchandises et d’équipements.

Ce choc d’intérêts place le Conseil de la Paix dans une position difficile, car :

Le régime israélien, tout en s’opposant à la présence du Qatar et de la Türkiye, cherche au désarmement complet du Hamas sans le retour du gouvernement palestinien à Gaza.
Les pays islamiques (Égypte, Qatar, Türkiye) mettent l’accent sur le retour du gouvernement palestinien et leur rôle actif dans l’administration de Gaza.
Les États-Unis tentent d’équilibrer entre ces deux axes, mais avec la concentration du pouvoir entre les mains de Trump, les décisions institutionnelles sont façonnées par les calculs personnels du président du comité plutôt que par un processus fondé sur le consensus.

La paix au prix de l’affaiblissement de l’ordre multilatéral ?

Le Conseil de la Paix pour Gaza est apparu à un moment historique qui non seulement détermine l’avenir de Gaza, mais met également à l’épreuve le sort de l’ordre international. Trois défis existentiels menacent cet organe :

Crise de légitimité : La non-adhésion de l’Union européenne et de pays occidentaux clés, combinée à la structure « payer pour être membre », l’a privé d’un consensus mondial. Comme l’a souligné António Costa, président du Conseil européen, cet organe est incompatible avec les principes de la Charte des Nations unies.
Fossé de mise en œuvre : Une charte qui ne fait aucune référence à Gaza, alors que sa mission est définie sur la base de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU, indique un profond décalage entre promesse et réalité. L’absence de Palestiniens au sein du Comité exécutif de Gaza a transformé ce fossé en une crise de légitimité locale.
Unipolarisation du pouvoir : La concentration de l’autorité entre les mains d’un seul individu — Trump en tant que président à vie — non seulement contredit les principes de la démocratie internationale, mais expose également les décisions aux fluctuations des calculs personnels. Comme l’ont averti des analyses internationales, cette structure pourrait reproduire des crises dans le cadre de rivalités de pouvoir personnelles plutôt que les résoudre.

En définitive, le succès ou l’échec du Conseil de la Paix à Gaza ne se limite pas à la réouverture du point de passage de Rafah ou au statut du Hamas. Cet organe constitue un test de la question fondamentale de savoir si une paix durable peut être créée en contournant les Nations unies et en concentrant le pouvoir entre les mains d’un seul pays — voire d’un seul individu. La réponse de Gaza à cette question façonnera le destin de l’ordre mondial au XXIᵉ siècle bien au-delà de l’Asie de l’Ouest.


Ce texte a été traduit à l’aide de l’intelligence artificielle et pourrait contenir des erreurs. Si vous constatez une erreur manifeste rendant le texte incompréhensible, veuillez en informer la rédaction du site.

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