Mansour Barati – Chercheur sur les affaires israéliennes
Le cabinet du régime israélien a approuvé le projet de budget pour 2026 le 5 décembre 2025 — une décision qui, selon des rapports de Reuters, The Times of Israel et Haaretz, est directement liée à l’obligation légale d’adopter le budget avant le 31 mars 2026.
1 : Échéance parlementaire et expansion contrôlée du déficit budgétaire
L’échec de l’adoption du budget avant cette date entraînerait la dissolution automatique de la Knesset et l’organisation d’élections anticipées, que les estimations les plus probables situent en juin 2026. Toutefois, en tout état de cause, les prochaines élections du régime israélien auront lieu en 2026.
Jusqu’à l’achèvement de ce processus, le cabinet de Benjamin Netanyahu doit fonctionner selon un mécanisme budgétaire mensuel fondé sur les chiffres de 2025 — une situation qui limite la marge de manœuvre de l’exécutif et retarde la prise de décisions à long terme.
Le volume total du budget est estimé à environ 662 milliards de shekels, soit l’équivalent approximatif de 204 à 205 milliards de dollars.
Dans ce cadre, le gouvernement a décidé de relever le plafond du déficit budgétaire de 3,2 % à 3,9 % du PIB — une modification qui inclut environ 15 milliards de shekels de dépenses supplémentaires financées par le déficit.
Les analyses de Haaretz et les références aux positions de la Banque centrale du régime israélien indiquent que cette décision, malgré la conscience de ses conséquences potentielles sur l’inflation et le coût du financement public, a été adoptée pour gérer des pressions à court terme, et non sur la base d’un examen de la structure des coûts ou de sources de revenus durables.
2 : Budget de la défense ; compatibilité financière au détriment de la flexibilité opérationnelle
La partie la plus difficile des négociations budgétaires a concerné l’allocation des ressources de défense. Selon les rapports de Haaretz, l’armée israélienne considérait qu’un montant d’environ 144 milliards de shekels était nécessaire pour le budget de la défense, tandis que le ministère des Finances proposait un chiffre proche de 93 milliards de shekels.
L’accord final sur le montant de 112 milliards de shekels, tel que reflété dans les rapports de Reuters, The Times of Israel et The Jerusalem Post, est davantage le produit d’un équilibre entre contraintes financières et exigences sécuritaires que le résultat d’un consensus stratégique.
Afin d’aligner les dépenses sur ce plafond, il a été décidé de réduire le nombre annuel de réservistes appelés, d’environ 60 000 à 40 000, en supposant une moyenne d’environ 60 jours de service par an.
Cette décision, prise contrairement aux recommandations de certains hauts commandants, transfère indirectement une partie des coûts de la guerre vers la préparation opérationnelle.
Parallèlement, un programme de 725 millions de shekels a été approuvé pour renforcer les infrastructures de sécurité en Cisjordanie et à la frontière orientale au cours des trois prochaines années, indiquant la stabilisation de cette zone comme un axe de dépenses durables.
Dans le même temps, l’expérience de 2024 et 2025, ainsi que les analyses de Haaretz, suggèrent qu’une partie des coûts réels de la défense sera probablement, une fois encore, couverte par des mécanismes en dehors du budget officiel. Cette situation rend difficile la transparence financière et l’évaluation précise du fardeau à long terme de la politique sécuritaire.
3 : Politiques de subsistance, fiscalité et considérations de coalition
Dans le domaine socio-économique, le budget 2026 comprend une combinaison d’ajustements de soutien limités et d’un renforcement des pressions fiscales.
Selon le rapport de The Times of Israel, la coalition au pouvoir a élargi les tranches d’imposition de 20 % et 31 % pour les revenus intermédiaires, relevé le plafond d’exonération de TVA pour les importations de 75 à 150 dollars, et approuvé des réformes du marché laitier visant à réduire les prix — des mesures décrites comme destinées à atténuer une partie de la pression du coût de la vie sur la classe moyenne.
En revanche, l’approbation d’une taxe de 1,5 % sur les terrains résidentiels, le durcissement des restrictions sur la détention de liquidités et les escomptes de chèques, l’imposition des cigarettes électroniques, ainsi qu’une nouvelle taxe sur les banques générant des recettes annuelles estimées à environ 750 millions de shekels indiquent que la fourniture de ressources financières repose encore largement sur l’augmentation de la charge fiscale indirecte.
D’un autre côté, l’allocation d’environ 5,2 milliards de shekels aux fonds de coalition — dont une part significative est destinée à des projets liés à la Cisjordanie et aux institutions religieuses — ainsi qu’une augmentation de 4,5 milliards de shekels du budget du ministère de la Sécurité nationale et la création de 3 000 nouveaux postes reflètent la poursuite de priorités politiques spécifiques dans la structure des dépenses gouvernementales.
La réaction des opposants, y compris les déclarations de Yair Lapid, qui décrit le budget comme un outil destiné à couvrir les coûts de la coalition et à approfondir les inégalités financières, est compréhensible dans ce cadre.
Dans l’ensemble, il semble que l’axe principal du budget 2026 du régime israélien soit la gestion simultanée des pressions de la guerre, du mécontentement social et des incertitudes politiques, même si cette approche conduit au report des réformes structurelles et à une augmentation des risques financiers à moyen terme.
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